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jeudi 10 janvier 2008

Insulte à mon intellect

Ce matin, je me suis faite rabrouer par un employé de la billeterie au métro... Je n'ai pas mis mon billet de correspondance dans la bonne boite, je l'ai mis dans celle destinée aux billets de lisière ou acheter à l'unité. Et le préposé à la vente des dits billets m'ait tombé dessus: "Ben là Madame, pas là!" Et moi de répondre: "heu?" et lui de poursuivre "Ben franchement, pourquoi vous avez mis ça là?" Parce-que vos tourniquets ne fonctionnent pas, que j'ai rarement pris le métro avec des billets dans ma vie, que c'est la première fois qu'une telle situation m'arrive dans cette station, que je suis ignorante de la procédure à suivre et que c'est une boite avec un trou? Et que dans le fond, un passage est un passage et qu'on s'en sacre tu que dans quelle boite il va? Évidemment tout ce qui est sorti fut:"he, parce-que c'est une boite avec une fente?" B-R-A-V-O. Vraiment, ce fut de toute beauté. Il y a quelques années, j'ai commencé à faire des efforts pour traiter tous les gens de façon civilisée, pas juste ceux que je pensais qui le méritais, et qu'est-ce que tous ces beaux efforts m'ont donné? De me faire traiter comme une conne par un employé de la STM et de ne pas être capable de lui répondre. Voilà. Je n'ai même pas été traité avec la civilité et la politesse que je leur adresse normalement. Avant ces quelques années, je lui aurait répondu quelque chose du genre: "parce-que je ne le savais pas, et clairement l'ignorance n'est pas une chose dont on peut avoir honte ici". Mais cette phrase n'a même pas traversé mon esprit maintenant bien entraîné à traiter tous les humains également. Je ne faisais que me battre pour ne pas lui jeter au visage un bon "va donc chier pis qu'est-ce que ça peut bien changer?" Un bel exemple de rétrécissement de la zone du vocabulaire et de la répartir dans mon cerveau. Alors à la place, j'ai fait tout le trajet en maudit contre le préposé qui avait osé me traiter en malpropre, moi, et contre moi pour ne pas l'avoir remis à SA place de malpropre.
Maudit.

mardi 4 septembre 2007

Le métro, la suite

Le jour où j’ai enlevé mes écouteurs est venu beaucoup plus vite que je ne l’aurais cru. En fait, je ne les ai pas mis du tout. C’était trop compliqué d’aller les chercher au fond de mon gigantesque sac…

Je me suis levée en retard ce matin… J’avais mis mon cadran à 5h40 dans le but de « snoozer » deux fois puis de me lever à 6h. Je me suis lavé les cheveux hier soir, alors ce matin je n’aurais dû avoir qu’à laver le reste, me peigner, me maquiller, m’habiller et faire mon lunch. Ça ce fait très bien en une heure. Je voulais m’assurer de ne pas faire attendre mon Grognours et de bien partir à 7h. Cependant, c’est le cadran du-dit Grognours qui nous a réveillés à 6h30 ce matin. Nous n’avons pas entendu mon cadran ni l’un ni l’autre, ce qui me pousse à croire qu’il n’a pas sonné étant donné qu’il était placé à la bonne heure, à la position alarme et que le volume du radio était assez fort pour me réveiller. Alors, je n’avais plus qu’une demi-heure pour tout faire. Heureusement, mon amour a fait mon lunch en vitesse. Nous aurions pu quitter vers 7h10, mais j’ai oublié mon lunch dans l’appartement (en fait mon amour avait le sien dans une boite à lunch identique à la mienne, alors j’ai cru qu’il apportait le mon lunch) alors nous avons pris la route pour 7h15. Je me sentais vraiment misérable, car mon Grognours allait être très serré à cause de moi et peut-être même allait-il pas avoir le temps de déjeuner. Lui n’aviat pas l’air de s’en faire. Il m’a même jeté à la blague qu’au pire il allait peut-être avoir à frapper un enfant (la mauvaise humeur de mon chum lorsqu’il a faim est légendaire). Je suis bien chanceuse d’avoir un chum aussi conciliant.

Je suis arrivée au métro Longueuil vers 7h45, ce qui reste quand même très en avance pour moi, je ne commence à travailler que vers 9h. J’en ai donc profité pour aller faire un tour à l’épicerie du métro pour compléter mon lunch qui souffrait du manque d’assiduité dans les commandes ces dernières semaines.

Le métro Longeuil à bien changé depuis le temps, pourtant pas si lointain il me semble (2-3 ans?), où j’y allais presqu’à tous les jours. À l’intérieur du terminus, presque tout est fermé. Chantal B, Kangol, le marché des bas et le centre de photo ont tous fermés, ce qui laisse la moitié des magasins vides en comptant l’ancien local de l’épicerie qui n’a toujours pas trouvé preneur. C’est triste un peu, honnêtement. Je suis allée à la Tabagie voir s’ils avaient le Realm of Fantasy, car je l’achetais toujours là-bas et je ne l’ai pas trouvé sur les rayons, une autre déception. Par contre, il y a des choses qui ne changent pas, les légumes et les fruits sont toujours aussi dégueu à l’épicerie et toujours aussi cher. Lol! J’ai tout de même acheté une poires asiatique, une pêche et un yogourt (pour 4,60$ ?!?).

Dans le métro, j’avais les mains pas mal pleines avec mon lunch, mon sac et mon déjeuner McDo et mon lecteur MP3 était caché alors je m’en suis passé. Il y a une autre chose qui n’a pas changé non plus : les wagons du centre étaient bondés et moi, j’ai tout simplement marché vers l’arrière et j’ai fait le trajet confortablement assise, comme tout le monde dans mon wagon. Il restait même des sièges libres. Heh. Il me semble que les gens devraient le savoir depuis le temps, mais bon, moi ça fait mon affaire. Étrangement, personne ne parlait, alors j’ai été épargnée.

J’ai déjà parlé des gens dont le style vestimentaire est très personnel et de combien j’aime regarder leur agencement. Hé! Bien! Dans mon wagon de la ligne orange, il y avait une fille de mon âge qui aurait dû suivre, minimalement, les règles de base de la mode. Elle portait un pantalon genre punk/hippie carotté, un chandail rayé noir et blanc avec des Docs et un sac à do armé. Vraiment, quel mélange de motif! Au bout de quelques stations, elle c’est assise et j’ai pu voir que l’intérieur des cuisses de son pantalon étaient déchirées par l’usure. J’ai failli éclater de rire. Malgré l’effet qu’elle voulait donner, elle avait l’air parfaitement ridicule. Ça m’a renforcé dans mon idée que mon look devait suivre un peu plus mon âge. Elle avait l’air d’une pré-ado de 12 ans qui cherche son style. Moi, au moins, je fais 18 ans, lol!

Il y avait aussi plusieurs étudiants universitaires en train de faire leurs lectures ou qui tenaient leurs livres dans leur main. J’ai ressentie un petit pincement au cœur et une petite pointe de jalousie… Mon bacc à l’UQAM, ça a définitivement été les plus belles années de ma vie. En regardant en arrière, je me rends compte à quel point j’aimais ça… Je leur souhaite à tous autant de plaisir et de défi que j’ai moi-même eu lorsque j’étais à leur place…

vendredi 31 août 2007

Le métro

Depuis la semaine passée, je prends le métro pour aller travailler. Mon amour a commencé son remplacement et du même coup j’ai perdu mon chauffeur. Je dois partir très tôt le matin, mais ça me coûte 2,75$ le passage au lieu de 7$ de stationnement. Comme mon copain vient me chercher le soir, ça vaut la peine.

J’ai arrêté de prendre le métro il y a deux ans, à la fin de mon bacc et lorsque j’ai reçu mon auto. J’en avais plus que marre. Marre d’être debout, marre d’entendre un paquet d’imbécile exhiber leur ignorance, marre des odeurs, marre de la malpropreté et marre de la pub. Je préférais vraiment payer 9$ de stationnement le peu de fois que j’allais à l’université plutôt que de subir ce mode de transport en commun. Surtout que de Pointe-aux-Trembles, il faut prendre un autre autobus avant le métro et que ça me prenais 40 à 50 minutes me rendre à l’UQAM contre 25 minutes de voiture.

On ne peut donc pas dire que j’étais emballée à l’idée de reprendre le métro. Surtout que de chez nous, c’est autobus / métro Honoré-Beaugrand à Berri / métro Berri à Crémazie / autobus. C’est long… Je suis à 20 minutes de voitures, 40 maximum avec le trafic du matin. Long, long, long. La veille de mon premier déplacement, j’ai en plus dû passer plus d’une demi-heure sur le net avant que le service Tout azimut de la STM daigne cracher mon trajet.

J’étais donc dans d’e-x-c-e-l-l-e-n-t-e-s dispositions, lundi dernier, lorsque je me préparais à partir. Mon Grognours m’a tout de même donné un «lift» jusqu’au métro Honoré-Beaugrand pour réduire mon calvaire. C’est d’ailleurs notre nouvelle entente, il m’amènera jusqu’au métro (Longueuil par contre) les matins où il travaillera, parce que les heures de passages pour les autobus de la ville, ce n’est qu’une suggestion. Je le manque régulièrement, soit parce-qu’il passe en avance, soit parce-qu’il est tellement en retard, que je crois qu’il est déjà passé. En arrivant à la station, il y avait un Grand Génie qui s’est dit que de prendre une marche entre les stations de métro, sur les rails, était un merveilleux moyen de faire de l’exercice. Comme ça tournait carré dans son cerveau, Monsieur ne voyait pas le bien fondé de sacré-son camp-de-là-parcqu’il-y-a-du-monde-qui-ont-une-vie-et-qui-attendent-après-le-métro. Les intervenants ont donc eu beaucoup de difficulté à le sortir du tunnel. Je crois même qu’ils l’ont perdu à un certain moment donné (quoi de mieux qu’une partie de cache-cache avec les autorités pour améliorer son cas?)J’ai été chanceuse, je suis arrivée seulement 10 minutes avant que le service ne reprenne, mais j’étais déjà tannée.

L’avantage de prendre le métro à Honoré-Beaugrand, c’est que je suis toujours assise, sauf quand une personne âgée, enceinte ou en béquille/canne entre après que tous les bancs ne soient pris, ce qui est assez rare. En plus, ce matin là, j’ai été assise aussi à Berri. À Crémazie mon autobus m’attendait et je suis arrivée une demi-heure plus tôt que prévue, ce qui m’a permis de partir une demi-heure plus tôt, le soir. Ça ne s’était pas si mal passé que ça finalement, ça avait même été plutôt plaisant… Hum. Étrange.

Ce matin, je devais prendre encore le métro. Malgré mon expérience plutôt satisfaisante de lundi, je restais sur mes gardes. Je restais méfiante, mais j’y allais avec le cœur beaucoup plus léger, surtout que j’avais un « lift » jusqu’au métro Longueuil et que mon trajet sous-terrain s’en trouvait raccourci de 15 minutes! Hey! C’est le quart d’une heure ça. Wow! J’ai acheté un café et je me suis enfoncée dans la foule anonyme.

J’ai sorti mon lecteur MP3, où il y a les mêmes chansons qu’il y a plus de trois ans. C’est mon chum d’avant, qui est DJ, qui me les avait choisie. Elles me plaisent toujours, heureusement, car le logiciel et les parties nécessaires au branchement du lecteur dans l’ordinateur sont en quelque part chez sa mère… Donc, je ne les reverrai jamais. J’ai quand même trouvé ça un peu drôle d’être exactement au même point musical qu’il y a plus de trois ans…

J’ai pris plus de temps pour apprécié mon expérience cette fois-ci. Je n’ai pas sorti mon livre et mon MP3 me protégeait contre les conversations insignifiantes autour de moi. Ceux qui me connaissent savent que je suis d’une curiosité exécrable et que je veux toujours tout savoir. J’ai beaucoup de difficulté à ne pas écouter les conversations des autres qui sont souvent très idiotes ou dénuées de tout intérêt pour moi. Je ne crois pas encore avoir la force de me frotter à l’opinion générale du « peuple ». J’ai donc gardé mes écouteurs bien enfoncés dans mes oreilles. Je n’ai pas trop regardé les gens autour de moi non plus. Ça c’est très important pour garder ma santé mentale et mon moral. Pas que la vue des gens soit si déprimante, c’est que j’ai un « don ». Oui, entre guillemet. C’est juste que ce « don » est plus souvent une malédiction qu’une bénédiction. Je ressens ce que les autres ressentent, juste en les regardant. Si je croise leur regard, c’est pire, mais ce n’est pas toujours nécessaire. Plus les émotions sont fortes plus elles se frayent un chemin facilement jusque dans mon âme. Et les gens souffrent plus qu’ils ne sont heureux, ce qui fait que je me retrouve souvent avec des peines et des blessures qui ne sont pas à moi. Des bonheurs aussi, mais rarement. Parfois, je parlais à des amis dans le métro et ma conversation ressemblait à des montagnes russes émotives. Au point où on me demandait si ça allait. Question difficile dans les circonstances s’il en est une. J’ai donc évité le regard de tout le monde pour ne regarder que les murs et le gars assis en avant de moi, très neutre émotivement dans son sommeil. Je regardais aussi les murs et les quais des stations où on arrêtait brièvement.

C’est comme ça que j’ai commencé à voir ce que je ne voyais plus. Le métro est rempli d’art. Les stations elles-mêmes sont des œuvres d’art. Elles sont toutes différentes, mais elles ont toutes une sorte d’uniformité qui leur permettent de faire partie du grand tout du métro montréalais. Il y a aussi des sculptures et des murales un peu partout. Il y a une murale au thème de l’astrologie tout simplement magnifique au métro Crémazie. Pendant que j’y pense, il y a aussi des faux vitraux incroyables à la station Place-des-arts… Même la publicité est plus lumineuse qu’ailleurs, après tout il faut redoubler d’effort pour attirer l’attention du passager blasé. Je fais abstraction du message ou de l’objet de publicité, car si on commence à vraiment toutes les lire, le haut de cœur se fait sentir rapidement. En ne regardant que les formes et les couleurs, on y voit un genre de soleil qui veut percer l’ambiance morne de la caverne, qui veut égayer les murs comme les dessins préhistoriques jadis.

Les gens sont aussi intéressant à regarder (de loin et pas trop longtemps). On voit toutes sortes de vêtements et de façon de les agencer. Il y en a qui ont l’air de sortir d’un catalogue et d’autres dont la personnalité est si affirmé dans leur manière d’être et de se vêtir qu’on voit plus eux que les vêtements. Ces derniers font du bien. Ils montrent qu’il y a encore de l’espoir, que tout le monde n’accepte pas de rentrer dans le moule, que d’autres que moi croient que l’individu a encore une place dans la collectivité.

peut-être, peut-être que si je vois encore autant de beauté dans quelques semaines, j’enlèverai mes écouteurs.